En action pour les Hirondelles noires!

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Marine Morel,
Stagiaire en conservation

Peut-être avez-vous déjà observé des colonies d’Hirondelles noires sur leurs nichoirs qui s’apparentent à des hôtels perchés à plusieurs mètres du sol?

Les Hirondelles noires

Les Hirondelles noires (Progne subis) sont les hirondelles les plus grandes d’Amérique du Nord. Elles sont reconnaissables par leur plumage bleu-noir, plus léger chez la femelle qui est plutôt brune avec un ventre clair mais très distinctif chez le male qui lui a un plumage entièrement noir bleuté. Ce sont des « insectivores aériens », se nourrissant d’une grande variété d’insectes volants comme les libellules, les mouches ou les éphémères, qu’elles capturent en vol.

Image of Purple Martins

© Marine Morel

C’est une espèce coloniale qui a une relation spéciale avec les humains car actuellement celle-ci niche essentiellement dans des nichoirs particuliers mis à sa disposition par des hommes, amoureux des oiseaux ou naturalistes souhaitant les observer, les étudier ou simplement leur offrir une place pour nicher. On la retrouve dans toute la partie Sud du Canada, surtout dans l’Est, dans des milieux plutôt ouverts à proximité de point d’eau.

L’aventure Purple Martin

Le 6 juillet a commencé une excursion le long de la côte Sud de l’Ontario pour le Projet de l’Hirondelle noire de Nature Canada. Celui-ci a pour but de protéger et faciliter le rétablissement des populations d’Hirondelles noires qui diminuent. Pour déterminer les causes de ce déclin, il s’agit alors de récolter un certain nombre de données sur de nombreuses colonies en Ontario et ainsi mieux connaitre le cycle annuel de l’Hirondelle noire. Pour cela, un des objectifs du projet est de poser des transmetteurs radio sur les hirondelles, ils serviront à déterminer leurs mouvements et les zones de dortoirs qu’elles utilisent entre le moment où elles quittent leur colonie de nidification et le début de leur migration vers le Brésil (cette action s’inscrit dans le programme Motus).

Avec Megan MacIntosh, chargée du projet, et Ted Cheskey (gestionnaire principal pour la conservation des oiseaux) de Nature Canada, et le professeur-chercheur de l’université de Manitoba, Dr Kevin Fraser, nous avons entrepris un voyage le long du lac Ontario et du lac Érié pour visiter 3 sites hébergeant des colonies d’Hirondelle noire.

Les sites :

  • Chez un particulier près de Port Bruce le long du lac Érié
  • Dans un marais situé à l’observatoire de Holiday Beach (zone protégée), du côté du lac Érié
  • Sur la côte Sud de l’île Amherst, sur le lac Ontario

Sur chaque site, un recensement a d’abord été effectué pour connaitre le nombre de nids utilisés, le nombre de jeunes par cavité et leur âge. Pour la capture des adultes, ces derniers ont été choisi en fonction de l’âge des jeunes présents dans leur nid, en prenant ceux qui étaient bientôt prêts à prendre leur premier envol. Ainsi toute la famille était balisée.

Image of Purple Martin Crew

(L) Ted Cheskey, Kurt Hennige (Kingston Field Naturalists), Megan MacIntosh, Anders Bennick (Purple Martin Landlord), Marine Morel, Scott LeDrew (Volunteer) (R). Photo taken on Amherst Island.

Différentes données ont alors été récoltées sur les adultes et les jeunes des nids choisis. Des mesures sur le poids, la taille des ailes, de la queue et du tarse[1] ainsi que le taux de gras, visible entre la gorge et la poitrine. Les oiseaux ont été bagués puis un transmetteur radio, objectif principal du projet, leur a été posé sur le dos. La manipulation des jeunes et des adultes ainsi que le port du transmetteur ne comportent aucun risque, que ce soit de blessure ou d’abandon du nid.

Ces données permettront de constater les différences de développement chez les individus de ces colonies selon les différents milieux, de créer une base de données qui permettrait de suivre l’évolution de l’espèce plus précisément au fil des années et de comprendre ce qui met en danger leur survie durant cette période. La compréhension de ces données permettrait des actions pour la conservation de cette espèce emblématique d’Amérique du Nord.

Un grand merci à tous les participants du projet!

Merci aux propriétaires qui nous ont accueillis et laissés travailler sur leur propriété (Hi Ron !), aux différents organismes qui nous ont accompagnés et partagé leurs terrains d’études (Bird Studies Canada, Holiday Beach Migration Observatory, Ontario Purple Martin Association, Walpole Island Purple Martin Project, Kingston Field Naturalists) et aux bénévoles qui sont venus nous prêter main forte.

Ce fut une excursion très fructueuse et très enrichissante pour tout le monde, merci!

Vous aussi, faites-nous savoir si vous souhaitez contribuer ou si vous souhaitez nous faire part de vos observations.

[1] Patte de l’oiseau, correspond à la partie écailleuse située entre la cuisse et le pied.

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