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À quel point le changement climatique affecte-t-il les oiseaux?

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Le changement climatique affecte les oiseaux de différentes façons. Il peut modifier la distribution, l’abondance, le comportement, et même la composition génétique. Il peut également affecter la chronologie des événements tels que la migration ou la reproduction.

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Le changement climatique peut affecter les oiseaux directement par des fluctuations de température ou de précipitations.Il peut aussi entrainer une hausse de compétiteurs, de prédateurs, de parasites, de maladies et de perturbations telles que les incendies ou les tempêtes. Et le changement climatique peut agir en combinaison avec d’autres menaces majeures comme la perte de l’habitat et les espèces exotiques envahissantes, ce qui augmente l’envergure de l’impact.

Puisque les oiseaux sont un des groupes les mieux étudiés par les organismes, nous avons déjà les données nécessaires pour démontrer que les oiseaux sont affectés par le changement climatique. Cela est démontré selon les observations suivantes.

Comment les oiseaux sont affectés par le changement climatique

La période de ponte a lieu plus tôt

  • Une étude effectuée sur une grande échelle a démontré que les oiseaux pondent en moyenne 6,6 jours plus tôt chaque décennie.
  • La période de reproduction du Guillemot marmette en Amérique du Nord a été devancée de 24 jours par décennie.
  • L’hirondelle bicolore de l’Amérique du Nord niche jusqu’à 9 jours plus tôt comparé à 30 ans passés, ce qui correspond à l’augmentation moyenne des températures printanières.

Les temps de migration changent

Chickadee

  • Les oiseaux migrent plus tôt au printemps. Une étude fondée sur 63 ans de données pour 96 espèces d’oiseaux migrateurs au Canada a démontré que 27 espèces ont modifié leurs dates d’arrivée de façon significative, la plupart arrivent plus tôt, ce qui correspond à la hausse des températures printanières.
  • Les oiseaux semblent également retarder leur départ automnal : selon une étude faite auprès de 13 Passereaux nord-américains, on voit que 6 espèces avaient retardé leurs dates de départ en liaison avec le réchauffement climatique.
  • Certains oiseaux en Europe ne migrent plus du tout.

Le comportement des oiseaux et leur environnement sont de moins en moins compatibles

  • La plupart du cycle de vie d’un oiseau et son comportement sont étroitement liés aux signaux émis par leur environnement, tels que le changement des saisons. Une désadaptation se produit lorsque les oiseaux ne peuvent pas changer leur comportement, comme les périodes de reproduction, de façon à coïncider avec les changements de l’environnement, tels que les périodes pendent lesquelles les proies sont disponibles.
  • Les oiseaux migrateurs de longue distance sont particulièrement exposés au risque de décalage comme il est plus difficile pour eux de savoir comment seront les conditions à la fin de leur parcours migratoire. Par exemple, les Parulines en Amérique du Nord ne migrent pas plus tôt vers leurs aires d’hivernage néo tropicales, malgré le printemps plus précoces dans leurs aires de reproduction du nord – ceci peut causer une arrivée tardive, et la nourriture du printemps aura disparu dans les zones de reproduction.

Les répartitions changent

  • Les populations d’oiseaux se déplacent à l’habitude vers les pôles, ou à des altitudes plus élevées, afin de rester dans des températures qui leurs sont idéales alors que le climat change.
  • Une étude effectuée sur 35 espèces nord-américaines de Parulines a démontré que l’aire de répartition de sept espèces (la Paruline orangée, la Paruline à ailes bleues, la Paruline à ailes dorées, la Paruline grise à gorge noire, la Paruline des pins, la Paruline à capuchon, et la Paruline tigrée) s’est déplacée vers le Nord de façon significative durant les 24 dernières années, par une moyenne de 65 miles. Aucune des populations d’oiseaux ne s’est déplacée vers le Sud.
  • Les données de l’Atlas des oiseaux nicheurs de l’Ontario indiquent que les espèces d’oiseaux du «Sud» telles que la Mésange bicolore, le Gobemoucheron gris-bleu, le Moqueur polyglotte et le Pic à ventre roux ont augmenté en nombre et ont élargi leur territoire vers le nord de l’Ontario comparé à 20 ans passés.
  • Ces adaptations induites par le climat ne sont pas toujours une solution au réchauffement du climat. Les oiseaux migrateurs pourraient être entravés dans leurs efforts à devoir trouver de nouvelles aires fragmentées selon le niveau de développement humain ou les caractéristiques naturelles géologiques telles que les grandes étendues d’eau.

Western grebe

Les communautés écologiques sont perturbées

  • Le réchauffement climatique peut changer des communautés écologiques entières. Le matériel d’alimentation et de nidification dont les oiseaux dépendent pourrait ne plus y être. Les oiseaux peuvent faire face à de nouvelles proies, parasites, concurrents, et des prédateurs auxquels ils ne sont pas adaptés.
  • Dans la zone nord de la baie d’Hudson, les moustiques atteignent maintenant des chiffres élevés plus tôt au printemps. Les Guillemots de Brünnich qui nichent dans la région n’ont pas ajusté leur comportement, et la chaleur conjointement avec les moustiques causent une perte d’œufs plus élevée et une hausse du taux de mortalité chez les adultes.
  • Certaines régions du nord du Minnesota et du sud-ouest de l’Ontario pourrait voir disparaître 14 espèces de Parulines qui s’y trouvent présentement. Cela pourrait donner lieu à une hausse épidémique d’insectes nuisibles pour la forêt, comme la tordeuse des bourgeons de l’épinette.
  • En 2005, il y a eu des défaillances sans précédent pour les colonies d’oiseaux marins sur la côte Pacifique de l’Amérique du Nord. Seulement 8% des Stariques de Cassin nichant sur l’île Triangle ont survécu. Ceci est causé par les vents nordiques tardifs qui ont retardé la remonté des eaux et par conséquent, ont affecté la croissance du plancton, ce qui a provoqué une baisse des espèces de poissons dont ces oiseaux se nourrissent.
  • Tufted Puffins at Canadian sites have breeding success near zero when water is at its warmest, which could mean that Canada’s largest breeding colony for this species, Scott Islands, becomes unsuitable for Tufted Puffins as water continues to warm.

Les risques d’extinction sont à la hausse

  • Les oiseaux les plus menacées d’extinction dû au changement climatique sont ceux qui ont des territoires restreints, une faible capacité à s’adapter à d’autres aires, les petites populations, ou ceux qui sont déjà confrontés à des défis de conservation.
  • Les oiseaux migrateurs sont particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique, car ils dépendent de plusieurs habitats et de sites.
  • Les oiseaux de l’Arctique sont particulièrement vulnérables – puisque le réchauffement évolue rapidement dans ces régions, et au moins 85 espèces d’oiseaux du monde se reproduisent dans des régions arctiques à l’échelle mondiale. De vastes zones d’habitat, y compris la toundra et les glaces de mer, disparaîtront. La retraite des glaces de mer pourrait avoir des conséquences graves pour les Mouettes blanches, qui s’alimentent le long des glaces de mer. La Mouette blanche canadienne a déjà diminué en nombre, soit de 90%, au cours des deux dernières décennies.

Conclusions

  • Le changement climatique affecte désormais le comportement des espèces d’oiseaux, leurs territoires et la dynamique des populations
  • Certaines espèces d’oiseaux connaissent déjà des impacts négatifs
  • Dans le futur, un grand nombre d’oiseaux sera en danger d’extinction dû au changement climatique

Les programmes de Nature Canada aident les oiseaux à atténuer les changements climatiques et à s’y adapter

En tant que groupe d’animaux le plus étudié par les organismes (excepté les humains), les oiseaux sont un bon indicateur de la façon dont le changement climatique affectera les autres groupes moins étudiés. Nature Canada s’acharne à préserver les oiseaux et leurs habitats afin que nous puissions continuer à en apprendre davantage à propos de ces créatures à plumes.

Nous protégeons les Zones importantes pour la conservation d’oiseaux du Canada

Le maintien par la communauté des habitats locaux d’oiseaux est essentiel. Nature Canada appuie des programmes communautaires de conservation d’oiseaux partout au Canada afin de promouvoir les efforts locaux de conservation et de rétablissement. Depuis 1996, Nature Canada a appuyé plus de 150 projets locaux et a investi près de $ 450 000 dans des projets sur le terrain impliquant 100 Zones importantes pour la conservation d’oiseaux.

Nous travaillons afin de faire progresser l’enjeu de la sécurité des oiseaux marins du Canada

Nature Canada a lutté vigoureusement afin de faire adopter le projet de loi C-15 afin de s’assurer que les entreprises maritimes et leurs navires sont tenus responsables s’il y a déversement illégal d’huile de cale dans les eaux canadiennes. La nouvelle loi protège les oiseaux contre la pollution continuelle par les hydrocarbures en mer et pourrait empêcher la mort de quelque 300 000 oiseaux marins chaque année uniquement au large des côtes de Terre-Neuve.

Nous nous efforçons de protéger les oiseaux de la forêt boréale

La région de la forêt boréale consiste en un habitat de reproduction essentiel pour 80% des espèces d’oiseaux aquatiques d’Amérique du Nord, 63% des espèces de Pinsons, et 53% des espèces de Parulines. Afin de mieux pouvoir protéger la forêt boréale pour tous les oiseaux, Nature Canada est membre de la Convention pour la conservation de la forêt boréale, un effort canadien visant à équilibrer la conservation et le développement dans la région boréale du Canada. Nous déployons des efforts afin d’assurer la survie des oiseaux en voie de disparition et d’éviter la disparition des oiseaux communs.

Nous luttons pour augmenter le nombre d’aires protégées pour les oiseaux

Au fur et à mesure que le changement climatique progresse, de nombreux oiseaux pourraient être contraints de changer leurs territoires hors des zones traditionnelles. Où iront-ils? Nature Canada est un ardent défenseur de la nécessité de désigner et de protéger les nouvelles zones d’habitat pour les oiseaux qui tentent de s’adapter à notre climat changeant. Nous ne nous fions pas uniquement aux réseaux statiques d’aires protégées existantes.

Sources

Savannah sparrow

WWF Australie. 2006. Bird Species and Climate Change: The Global Status Report Version 1.0.

American Bird Conservancy. Climate Change and Birds homepage.

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