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Le Caribou des bois

Pleins feux sur l’espèce : le Caribou des bois
Par Deborah Carr

Données de base

enews_caribou2Son histoireNom commun : Caribou des bois
Nom latin : Rangifer tarandus Caribou
Statut en vertu de la LEP : En 2002, le COSEPAC inscrit le Caribou des bois à titre d’espèce mondialement menacée. Quatre populations spécifiques sont alors désignées en voie de disparition; celles de la Gaspésie-Atlantique, boréale, des montagnes du Sud (C.-B., AB) et de la montagne du Nord (YK, T.-N.-O., C.-B.).
Aire de répartition : Forêt boréale de toutes les provinces et territoires sauf en N.-É., au N.-B et à l’Î.-P.-E.
Durée de vie : 10 à 15 ans
Taille : 1 à 1,2 m de hauteur à l’épaule; Poids : entre 110 et 210 kg
Population estimée : 1,5 million au Canada

Les Mi’kmaq les appelaient « xalibu », ce qui signifie « celui qui creuse » ou « déneigeur ». Aujourd’hui, ils sont surnommés « fantômes gris » pour leur insaisissable nature timide… et possiblement, en raison de leurs nombres en déclin important dans tout le Canada, un présage à l’avenir.

Le majestueux Caribou des bois parcourt les grandes forêts sauvages, les terres humides et les tourbières de toutes les provinces du Canada, sauf aux Maritimes, où l’espèce est disparue dans les années 1920.

Munis d’un corps solide, construit pour la stabilité, et de longues pattes lui permettant de se déplacer dans la neige profonde, ils sillonnent les forêts du Nord et peuvent migrer sur de grandes distances à la recherche de nourriture. Ils communiquent par une série de grognements et de cliquetis.

Pendant l’été, les Caribous recherchent la verdure fraiche des terres humides et des vallées. Suite au gel de l’hiver, ils utilisent leur odorat sensible pour repérer les lichens terricoles nutritifs qui ont une forte teneur en glucides et sont faciles à digérer. Lorsque la croûte de neige est suffisamment dure et épaisse pour supporter leur poids, les troupeaux se déplacent vers les forêts de conifères matures à la recherchent de lichens corticoles, tels que l’usnée barbe de vieillard et l’alectoire sarmenteuse qui ne poussent que sur des arbres âgés de 80 ans ou plus.

Les Caribous ont besoin de vastes superficies de forêt anciennes non perturbées. Ceci est directement lié à leur survie puisque ces forêts fournissent, non seulement une source de nourriture essentielle, mais également une protection contre les prédateurs tels que le loup, le lynx, le puma, le coyote et l’ours. Cela leur permet aussi d’être géographiquement séparés de l’orignal et du cerf porteurs du ver des méninges, qui est mortel pour le Caribou.

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Deux Caribous se déplacent sur une pente enneigée. Photo : Direction générale de l’intendance environnementale, WLAP, région de Kootenay

Cependant, comme le développement industriel s’introduit de plus en plus dans le Nord, les Caribous commencent à manquer de territoires appropriés. Les opérations forestières, l’exploration pétrolière et gazière et les complexes miniers réduisent les forêts. Ils ouvrent des réseaux de routes et de lignes sismiques qui traversent leur habitat isolé et fournissent des corridors linéaires permettant aux prédateurs d’y circuler. Ces routes et ces lignes permettent également l’accès aux véhicules récréatifs (VTT, motoneiges) ainsi qu’aux chasseurs et aux braconniers. Les zones de forêts régénérées attirent les wapitis, les cerfs et les orignaux qui préfèrent les pousses tendres des jeunes arbres ce qui augmente les chances de transmettre la maladie (au Caribou). De plus, leur présence contribue à attirer les prédateurs qui s’attaquent également aux Caribous.

Le Caribou des bois est confronté à des perturbations à tous les niveaux; le faible taux de natalité associée à un taux élevé de mortalité des faons indique que les populations sont très sensibles au stress.

Le gouvernement fédéral a publié un programme de rétablissement du Caribou des bois des régions boréales en août 2011. Cependant, celui-ci est nettement plus faible qu’il ne devrait l’être.
Les faits

Il y a trois sous-espèces de Caribous au Canada : le Caribou de Peary, le Caribou de la toundra, le Caribou des bois. Ces sous-espèces sont classées par écotype, selon l’endroit où ils vivent et comment ils se comportent.
Ce membre de la famille des cervidés est le seul ongulé (brouteur muni de sabots) dont les mâles et les femelles portent des bois. Les mâles adultes perdent les leurs à la fin de l’automne après l’accouplement alors que les femelles conservent souvent leurs bois jusqu’au printemps. Les bois d’un Caribou mâle peuvent pousser jusqu’à 2,5 cm par jour.
Les Caribous des bois ont un pelage gris-brun avec du blanc crème sur les épaules, la poitrine, le ventre et sous la queue. Une longue couche de poils de couverture environnés de vacuoles d’air complète un sous-poil dense, assurant une isolation contre le froid et le vent, et la flottabilité lorsqu’il doit nager.
Ils sont les seuls mammifères capables d’assimiler une alimentation primaire d’hiver de lichen terricole et corticole. Dès que la neige fond, les Caribous recherchent du carex, de nouvelles feuilles et des fleurs qui constituent une source d’azote. Les femelles gravides en ont particulièrement besoin pour produire du lait.
Les grands onglons concaves aux bords tranchants du Caribou sont parfaitement conçus pour localiser et creuser dans la neige à la recherche de lichens. La forme recourbée sert aussi de pagaie efficace pour la nage. Deux orteils en forme de demi-lune s’allongent en hiver, ce qui permet à l’animal de se déplacer plus facilement sur les surfaces glacées.
Des glandes odoriférantes à la base de la cheville répandent une odeur distincte lorsque l’animal est effrayé, ce qui envoie un message d’alerte aux animaux qui se trouvent à proximité.
Les femelles produisent généralement un seul faon chaque printemps. Elles recherchent une aire de mise bas traditionnelle, en région très éloignée et isolée. Lorsque ces aires sont compromises par des opérations commerciales, la survie des faons en est affectée. Le taux de survie des jeunes cervidés sont de 30 à 50 %, ce qui réduit de manière significative la capacité pour la harde de récupérer lorsque son nombre risque de diminuer.

Quelles sont les mesures entreprises?

Bien qu’il peut sembler que le nombre global de Caribous soit élevé, si on ne fait rien pour mettre un terme à la décimation de l’habitat, les populations existantes vont se détériorer très rapidement. Assurer la santé à long terme des écosystèmes boréaux est essentiel à la survie du Caribou des bois. Cela dit, jusqu’à présent, les gouvernements ont fait peu de progrès pour protéger adéquatement la forêt dans le territoire du Caribou. Le défi des équipes de rétablissement est que les stratégies de récupération complexes sont coûteuses, les ressources sont limitées et la pression de groupes d’utilisateurs commerciaux est forte.

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Caribou solitaire dans le parc national du Gros-Morne.

Des activités de recherche et de surveillance sont en cours, elles sont par contre difficiles étant donné l’étendue de l’aire de répartition du  Caribou et de l’imprévisibilité de leurs déplacements. Des plans de rétablissement provinciaux et territoriaux ont été élaborés, et de meilleures pratiques pour la gestion des forêts et l’exploitation d’entreprises touristiques dans l’arrière-pays ont été révisées.

Certains Caribous provenant de populations saines ont été transférés sur d’autres territoires pour augmenter la taille de la population et élargir la réserve de ressources génétiques.

Dans de nombreuses régions, la chasse au Caribou a été fermée, restreinte, ou gérée, tandis que dans d’autres, les allocations de chasse pour les prédateurs (le cerf, l’orignal et le wapiti) ont été augmentées dans les zones adjacentes à l’habitat du Caribou.

Pendant ce temps, l’intendance et les programmes d’information sensibilisent le public et génèrent un soutien.
Ce que vous pouvez faire

  1. Joignez ou soutenez les organismes environnementales qui travaillent à protéger l’habitat de la faune.
  2. Le Caribou des bois des régions boréales, actuellement à risque, a désespérément besoin d’une solide stratégie de rétablissement — et les plans proposés par le gouvernement ne vont pas assez loin. Envoyer une lettre au ministre de l’Environnement pour exiger des mesures plus strictes pour protéger le Caribou des bois des régions boréales.
  3. Écrivez à votre gouvernement provincial pour indiquer votre appui en ce qui concerne les initiatives de rétablissement du Caribou dans votre province et demandez qu’ils utilisent sagesse et prévoyance dans le l’élaboration de lignes directrices pour protéger les habitats forestiers.
  4. Renseignez-vous sur les projets de développement forestier dans l’habitat du Caribou, et faites part de vos inquiétudes à votre député, au Cabinet du premier ministre, aux bureaux forestiers et au journal local.
  5. Passez le mot. Construisez votre propre site web ou un blogue avec des faits et des informations sur la protection du Caribou. À titre d’exemple formidable voir mountainCaribou.org.
  6. Réduisez votre consommation de papier et des produits forestiers. Recycler religieusement.

Deborah Carr est une journaliste pigiste et une passionnée de plein air qui vit sur ​​les rives de la baie de Fundy.

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